La campagne actuelle de l’amande s’inscrit dans un contexte à la fois incertain et porteur, marqué par des épisodes climatiques contrastés et une dynamique de marché globalement soutenue. Si certaines zones ont été fragilisées par les conditions météorologiques du début du printemps, les perspectives globales restent encourageantes.
Des gelées printanières sous surveillance
Début avril, plusieurs régions de production ont été touchées par des gelées localisées, suscitant des inquiétudes quant à l’impact sur la récolte. Les premiers retours faisaient état de dommages potentiellement importants.
Cependant, après analyses et observations de terrain, la situation apparaît plus nuancée. Certaines zones initialement considérées comme fortement touchées se révèlent finalement peu affectées, tandis que d’autres présentent des dégâts limités et localisés.
À ce stade, il reste encore prématuré de dresser un bilan définitif. Néanmoins, dans une hypothèse défavorable, les pertes pourraient atteindre entre 10 000 et 15 000 tonnes, soit moins de 10 % de la production totale.
Le segment biologique davantage exposé
Les cultures biologiques semblent avoir été plus sensibles à ces épisodes de gel. Cette vulnérabilité relative pourrait avoir un impact plus marqué sur l’offre disponible dans ce segment spécifique, déjà plus restreint par nature.
Cela pourrait également entraîner des tensions ponctuelles sur les disponibilités à court terme.
Une récolte prometteuse dans les zones épargnées
En parallèle, les régions non affectées par les gelées affichent des conditions particulièrement favorables. Les cultures en sec (pluviales) se distinguent notamment par leur bon développement.
Les températures modérées, combinées à quelques précipitations récentes, créent un environnement propice à une récolte de qualité. Dans ces zones, les prévisions laissent entrevoir l’une des meilleures campagnes des dernières années.
Des marchés stables à fermes
Sur le plan commercial, les tendances divergent légèrement selon les régions :
- Californie : hausse des prix d’environ +0,10 $/lb, signe d’un marché dynamique
- Espagne : stabilité des prix, sans variation notable
- Segment biologique : marché ferme, soutenu par une offre plus limitée
Cette fermeté sur le bio s’explique en partie par les incertitudes liées aux conditions climatiques et à la disponibilité des volumes.
Une campagne à suivre de près
En résumé, la campagne actuelle oscille entre prudence et optimisme. Si les gelées ont introduit un facteur de risque, leur impact global semble, à ce stade, contenu.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour affiner les estimations et confirmer les tendances observées. D’ici là, le marché reste attentif, notamment sur le segment biologique, où les équilibres pourraient évoluer rapidement.